L’hiver du mécontentement

12 janvier 2012

L’hiver du mécontentement

Le Journal de Montréal, p. 23

La période de réjouissances est terminée. Je ne parle pas de Noël et du jour de l’An, mais bien de notre situation économique.

Après s’être fait dire pendant deux ans que notre modèle québécois nous protège des turbulences économiques qui secouent les États-Unis et l’Europe, voici que la réalité nous rattrape.

La croissance économique est pratiquement nulle et le marché du travail se porte mal. Le taux de chômage, qui atteint 8,7 %, est maintenant plus élevé que dans le reste du Canada et qu’aux États-Unis. En un an, nous avons perdu 51 000 emplois, dont 42 500 emplois à temps plein. Pendant ce temps, l’Alberta a créé près de 100 000 emplois, tous à temps plein, et affiche maintenant un taux de chômage de 4,9 %.

Certes, l’Alberta est choyée en pétrole, mais l’or noir n’explique pas tout : en effet, les pays du littoral atlantique de l’Afrique sont très pauvres en dépit de ressources pétrolifères abondantes. Par ailleurs, nous sommes si riches en eau que cette ressource pourrait fort bien être au Québec ce que le pétrole est à l’Alberta, à condition de s’en donner la peine.

Sortirons-nous du marasme en 2012? Certainement pas si nous continuons notre fuite en avant! Nous avons une économie anémique et hypersyndicalisée, une dette stratosphérique insoutenable, une fonction publique obèse et inefficace, une réglementation paralysante, des programmes étatiques hors de prix et un régime fiscal glouton et dévastateur. Une avalanche de hausses d’impôts et de cotisations a de plus été annoncée : la contribution maximale à l’assurance-emploi bondira de 8,3 %, celle au Régime des rentes du Québec augmentera de 5,6 %, la TVQ atteindra 9,5 %, sans compter l’augmentation anticipée des taxes foncières et des frais pour l'immatriculation des véhicules.

Pour nous rassurer, Québec évoque le Plan Nord. Cette initiative est censée être la locomotive économique qui assurera notre prospérité future. Or, investir 80 milliards de dollars en 25 ans, uniquement pour créer ou préserver 20 000 emplois, signifie que chaque emploi aura coûté 160 000 $ par année. On voit mal comment ce projet pourrait être la panacée!

La situation est-elle désespérée pour autant? Pas du tout! Souvenons-nous du cas du Royaume-Uni dans les années 1970. L’inflation atteignait 18 %, un chômage élevé sévissait, le pays souffrait d’un pouvoir démesuré des syndicats et le trésor public apparaissait ruiné. Le gouvernement britannique a même été contraint de demander un prêt au FMI. C’est alors que les Britanniques ont élu Margaret Thatcher. Son courage, sa force, son éloquence et sa détermination lui ont permis d’effectuer un virage à 180 degrés. La dame de fer a jugulé l’inflation, coupé dans les dépenses, allégé le fardeau fiscal, libéralisé les marchés et mis fin à la toute-puissance des syndicats.

La situation du Québec est certes différente de celle du Royaume-Uni de l’époque, mais les défis sont similaires. Oublions le Plan Nord! Pour redresser la situation, nous avons besoin de quelqu’un de l’envergure de Margaret Thatcher. Trouver cette personne, voilà le plus grand de tous les défis!

Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.
* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec
.

source -> http://www.iedm.org/fr/node/37208




"Je n'ai jamais oublié que l'objectif inavoué du socialisme - municipal ou national - était d'accroître la dépendance. La pauvreté n'était pas seulement le sol nourricier du socialisme : elle en était l'effet délibérément recherché."

Margaret Thatcher


Iron Lady Movie (FB)



Showbizz.net
MEILLEURE PERFORMANCE PAR UNE ACTRICE DANS UN FILM - DRAME: Meryl Streep - «The Iron Lady» 
(maj.: 16 jan. 2012)
__________

Dame de fer et femme en or

13/01/2012 08h17 
Margaret Thatcher n'était pas seulement la dame de fer. Elle avait aussi des couilles en acier.
Elle a tenu tête aux syndicats anglais, aux membres du Parti conservateur, à l'opposition, aux Argentins qui avaient envahi les Malouines (Falklands). Et à tous ceux qui disaient qu'une femme ne pouvait pas diriger un pays.
J'ai adoré le film avec Meryl Streep qui sort aujourd'hui. Parce qu'il nous montre Thatcher comme une féministe, qui s'est battue toute sa vie pour qu'on la considère comme l'égale des hommes.
PLAFOND DE VERRE
Quand les féministes font la liste des battantes qui ont fait avancer la cause des femmes, elles mentionnent Simone de Beauvoir, Gloria Steinem ou les suffragettes. Mais jamais Margaret Thatcher. Pourquoi ? Parce que le féminisme est un mouvement de gauche. Et que Thatcher était de droite.
Pourtant, il n'y a pas que des Françoise David qui sont féministes. Il y a aussi des Monique Jérôme-Forget.
Dans le film La Dame de fer, on voit comment Margaret, fille d'un épicier, a gravi tous les échelons pour devenir la première femme leader d'un parti politique et la première femme première ministre d'Angleterre.
Cela donne d'ailleurs lieu à une scène très touchante. Lors de la guerre des Malouines, lorsque les premiers soldats britanniques tombent au combat, Margaret Thatcher insiste pour écrire personnellement à tous les parents des militaires tués. "Pour la première fois dans l'histoire de ce pays, le premier ministre est aussi une mère. Je suis la mère d'un garçon et je comprends votre douleur", leur écrit-elle.
LA BONNE GOUVERNANCE
On peut être d'accord ou pas avec ses politiques mais il faut reconnaître qu'elle avait le courage de les défendre jusqu'au bout. "Mes politiques sont impopulaires mais elles sont les bonnes politiques" dit-elle dans le film. Elle a administré à l'Angleterre un remède de cheval, coupé dans les dépenses et privatisé. Quand ses ministres lui reprochent d'aller trop vite, trop loin, elle leur répond que le pays est malade. Personne n'aime les traitements. Mais on ne peut pas laisser un malade mourir sous prétexte que le médicament ne goûte pas bon, leur lance-telle.
Le film n'est pas une biographie documentaire. Mais il pourrait être considéré comme un cours Conservatisme 101. Ma scène préférée se déroule au tout début de la carrière politique de Maggie. Elle participe à une discussion politique et elle donne son opinion sur la gestion des finances publiques: "Moi quand j'ai trop dépensé une semaine, je dépense moins la semaine suivante". "Toute une politique fiscale!", lui lance un homme âgé. "Non, j'appelle ça simplement bien gérer son budget familial", répond-elle du tac au tac.
MISS MAGGIE?
Bref, au lieu de démoniser la dame de fer, comme Renaud l'a fait dans sa chanson Miss Maggie, ce film nous présente plutôt Margaret Thatcher comme une femme inspirante. Elle a su se tenir debout, pleinement consciente de sa valeur, ne s'excusant jamais d'être une femme dans un monde d'homme mais misant sur la fermeté et la force de caractère pour devenir la première femme à diriger un pays européen.
Au lieu de la ridiculiser ou de la caricaturer, les féministes devraient saluer sa contribution comme une pionnière.
__________
maj.: 15 jan. 2012


Monica Henry
The Real Legacy of Margaret Thatcher, Britain's Iron Lady:  via       



__________
Mise à jour: 18/01/2012 08:39
Le viol de Mme Thatcher




C'est avec un vague sentiment de dégoût que je suis sorti de la projection de La dame de fer, le film sur l'ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher. Je donne un enseignement à l'ÉNAP sur la réforme Thatcher, en plus d'être fasciné comme bien du monde par cette femme d'exception.

Au-delà de la qualité artistique du film et de l'interprétation exceptionnelle de l'Américaine Meryl Streep - qui lui vaudra peut-être un Oscar -, je me suis senti comme si on abusait de quelqu'un de diminué devant moi. Et j'ai horreur de ça...

Ce qu'il faut bien appeler la dégueulasserie de ce film au plan moral, c'est qu'il est basé sur ce qui se passe supposément dans la tête d'une Mme Thatcher diminuée physiquement et surtout mentalement, alors que lui reviennent des flashs de sa vie et de sa carrière.

Ce choix artistique se défendrait si Margaret Thatcher était morte. Le problème, c'est qu'elle est encore vivante, atteinte, semble-t-il, de sénilité ou d'Alzheimer. Son état précis n'est pas connu, mais elle n'est clairement plus en mesure de se défendre.

RISQUE MINIME

Alors qu'il était vivant, aurait-on pu imaginer une seconde un film montrant un Ronald Reagan atteint d'Alzheimer, interprété au surplus par un acteur britannique ? Si l'on s'est permis ce viol d'une femme encore vivante, c'est essentiellement parce que c'était Margaret Thatcher.

Le risque était minime. On savait bien qu'abuser d'un personnage de droite aussi abrasif et controversé ne choquerait pas beaucoup les milieux culturels, presque toujours de gauche. Ni la plupart des femmes d'ailleurs : Renaud n'at-il pas chanté que Thatcher n'était pas une des leurs ?

SYMPATHIQUE

C'est ainsi que, pour la première fois, Nathalie Petrowski a trouvé Thatcher sympathique, le fait de la voir diminuée par la vieillesse lui donnant la satisfaction de savoir qu'il y avait «une justice sur terre», même pour les puissants...

Je sais : tout le monde s'en fout ! L'important, c'est que Meryl Streep ait son Oscar. En attendant le film sur les pensées imaginaires d'un Jacques Chirac n'ayant plus lui aussi toute sa tête - ça traîne longtemps ce monde-là ! - au sujet de sa récente condamnation pour fraude...

La réalité conservant ses droits, la force du personnage de Thatcher se révèle dans La Dame de fer. À ceux qui voudront transposer l'affaire au Québec, rappelons qu'à la fin de ces années 1970, la social-démocratie britannique était totalement discréditée, y compris chez les gens de gauche.

BULLDOZER IDÉOLOGIQUE

Les ordures ménagères n'avaient pas été collectées depuis des mois, alors que le chancelier allemand déclarait : «Il faut désormais considérer la Grande-Bretagne comme un pays du Tiers-monde».

Mme Thatcher a été un bulldozer idéologique forçant un changement modéré par cette vieille institution qu'était la fonction publique britannique. Cela donna une réforme radicale mais intelligente, une réforme influente que l'opposant de gauche Tony Blair confirmera.

Les idéologues de droite qui trouvent le Québec dépassé oublient que la motivation première de leur idole ne fut pas la «théorie des choix publics». Margaret Thatcher voulut avant tout mettre fin à la décadence d'une Grande-Bretagne qu'elle aima et servit passionnément.

Elle ne mérite pas un tel manque de respect.

Copyright © 1995-2008 Canoë inc. Tous droits réservés
source -> http://lejournaldemontreal.canoe.ca/
__________

maj.: 27 février 2012