La police de Laval enquête sur la mort de cet ancien policier de l'unité des renseignements du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui disposait de 33 ans d'expérience. Son corps a été retrouvé dans une chambre de l'hôtel Best Western Châteauneuf, en bordure de l'autoroute 15, à Laval.
Il s'agirait de Ian Davidson. Ce policier expérimenté issu de l'unité des renseignements du SPVM, qui avait récemment pris sa retraite, faisait l'objet d'une enquête depuis l'automne dernier pour avoir tenté de vendre des informations hautement confidentielles à la mafia sicilienne.
L'enquête était toujours en cours et aucune accusation criminelle n'avait été déposée contre lui.
Écoutes électroniques
L'ancien policier aurait eu accès, alors qu'il était encore à l'emploi du SPVM, à une base de données contenant plus de 2000 noms d'individus qui fournissent de l'information aux policiers lors d'enquêtes, notamment sur le crime organisé.
Toutefois, quand il aurait tenté de fournir les informations aux criminels, il avait déjà pris sa retraite.
C'est un individu lié à la mafia italienne qui aurait dénoncé la présumée taupe aux autorités, en avril 2011, parce qu'il soupçonnait une arnaque derrière le marchandage de ce sergent-détective à la retraite, qui lui réclamait un million de dollars en échange d'informations secrètes.
Une écoute électronique aurait permis de confirmer l'identité de la présumée taupe. C'est à la suite de cette écoute que l'enquête aurait été déclenchée.
Le suspect a été arrêté en octobre dernier, à l'aéroport Montréal-Trudeau, alors qu'il s'apprêtait à partir pour le Costa Rica, a rapporté La Presse, mercredi.
Copyright © 1995-2008 Canoë inc. Tous droits réservés source -> http://lejournaldemontreal.canoe.ca/ __________ Affaire Ian Davidson : la SQ enquêtera sur la divulgation d'informations aux médiasLa Sûreté du Québec enquêtera sur la divulgation d'informations aux médias dans le cadre de l'affaire Ian Davidson, à la demande du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil. Le directeur de la police de Montréal, Marc Parent, qui a été « consterné » et « choqué » par ces fuites, a indiqué que son service collaborera à l'enquête. C'est la direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui a réclamé une enquête après avoir constaté que des informations classées confidentielles, qui faisaient partie de l'enquête policière sur Ian Davidson, se retrouvaient dans les médias. Ian Davidson est cet ex-agent du renseignement criminel du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), soupçonné d'avoir tenté de vendre des informations de la police à des représentants du crime organisé. Le policier retraité s'est enlevé la vie le 18 janvier dernier, dans un hôtel de Laval. Il avait été prévenu que son identité allait être révélée le lendemain matin dans un quotidien montréalais. Les informations divulguées concernaient, entre autres, l'écoute électronique faite dans le cadre de l'enquête sur M. Davidson, la surveillance de la navigation sur Internet et des déplacements de l'ex-policier, ainsi que certains actes criminels qu'auraient pu commettre des policiers pour avoir accès à de l'information dans cette affaire. La direction des poursuites criminelles et pénales dit que ces informations n'auraient pas dû être révélées dans les médias et veut savoir comment cela s'est produit. Un dossier délicat pour le SPVM Le directeur du SPVM, Marc Parent, a répété à plusieurs reprises, en point de presse mercredi, que les fuites d'information dans les médias nuisent aux enquêtes policières et peuvent mettre en danger la vie de citoyens ou d'enquêteurs. « J'ai été consterné et choqué de lire, jour après jour, de l'information confidentielle dans les médias. » — Marc Parent, directeur du SPVM Le directeur de la police se défend de vouloir « faire le procès du travail journalistique », mais déplore que les fuites aient mis son service « dans une mauvaise position dans cette affaire ». Marc Parent a expliqué que certaines informations dévoilées dans les médias étaient erronées, mais que, même dans ces cas, ces fuites étaient nuisibles puisqu'elles pouvaient « éveiller des réflexes » dans le monde interlope. Le SPVM avait déjà lui-même déjà lancé une enquête sur les fuites dans l'affaire Davidson à la fin de l'année 2011. M. Parent précise qu'elle se poursuivra, en parallèle avec celle de la SQ. Si les fuites proviennent de son service et que des personnes sont identifiées comme responsables, le directeur du SPVM assure que des accusations seront portées contre elles. Des journalistes sous écoute? Le directeur du SPVM croit que les policiers ne doivent pas être les seules personnes ciblées par l'enquête de la Sûreté du Québec. L'ensemble « du système de la justice » doit être visé, a-t-il dit. Des journalistes, eux aussi, devraient être interrogés par les enquêteurs de la SQ, car si un policier qui transmet une information confidentielle commet une infraction, un journaliste qui l'utilise le fait aussi, a expliqué l'avocat-criminaliste Jean-Claude Hébert, en entrevue à RDI. Le directeur du SPVM a néanmoins dit que son service était « très loin de l'écoute électronique auprès des journalistes ». Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Brian Myles, s'inquiète tout de même de cette éventualité. Il demande au ministre Robert Dutil de clarifier le mandat de l'enquête pour en exclure les journalistes. « En ce moment, je regarde ce que le ministre Dutil a demandé et il n'y a rien qui nous garantit qu'on ne commencera pas à mettre les journalistes sous écoute, qu'on ne fouillera pas dans nos sources, et ça c'est très grave », a déclaré Brian Myles. Les demandes d'enquête de ce type sont plutôt rares. La dernière fois que le DPCP avait réclamé une telle enquête, c'était en mars 2011, dans l'affaire de la mise en échec, lors d'un match de la LNH, portée par le hockeyeur Zdeno Chara à Max Pacioretty. Aucune accusationn'avait finalement été retenue contre le joueur des Bruins Zdeno Chara. source -> http://www.radio-canada.ca/ Quand un gouv demande à la police d'enquêter sur les fuites aux médias, c'est habituellement signe qu'il a de bien plus graves problèmes __________ maj.: 13 février 2012
Les déclarations du ministre de la Sécurité publique Robert Dutil, plus tôt cette semaine, ont provoqué une véritable onde de choc. En laissant planer la menace d'une enquête sur les sources des journalistes, le ministre s'est attaqué à des valeurs fondamentales: l'importance de l'enquête journalistique dans la balance des pouvoirs et la protection des sources journalistiques. Rappel en quelques dates de l'importance du journalisme d'enquête dans notre société. Le journalisme d'enquête ne date pas d'hier. Aux États-Unis, il est en quelque sorte né sous la plume de Upton Sinclair, auteur du roman The Jungle, publié la première fois sous forme de feuilleton en 1905 dans le journal Appeal to Reason. Dans ses textes, Sinclair y décrivait les conditions déplorables de l'abattage des animaux à Chicago. Ses révélations ont mené à l'adoption de la Loi sur l'inspection des viandes. Le travail de Sinclair s'inscrit dans la tradition du «muckraking». Le terme «muckraker» (fouille-merde) a fait son apparition au début du XIXe siècle. Après la Première Guerre mondiale, cette expression était surtout associée au rôle de chien de garde des journalistes. Au Québec, une des premières enquêtes menées par un journaliste, et une des plus retentissantes aussi, demeure celle de l'ancien ministre libéral Pierre Laporte. En 1958, alors journaliste au Devoir, Laporte révèle que plusieurs ministres du gouvernement de l'Union nationale de Maurice Duplessis ont spéculé sur les actions de la Corporation de gaz naturel du Québec au moment de sa vente. Les reportages de Pierre Laporte provoqueront la tenue de la Commission royale d'enquête sur la moralité dans les dépenses publiques (ou commission Salvas), en 1960. Quand il y a un grand manque de transparence dans nos institutions, le travail du journaliste d'enquête permet de faire jaillir la vérité, observe Guy Amyot, secrétaire général du Conseil de presse du Québec. Dans nos sociétés, le journalisme d'enquête est une soupape. Quand la vérité est bloquée au sein d'une organisation, elle sort ailleurs.» «Il y a un petit quelque chose de sacré au journalisme d'enquête, note pour sa part Daniel Leblanc, journaliste au Globe and Mail à l'origine du scandale des commandites et de la commission Gomery. Dans notre société, le journaliste représente le citoyen.» Le journalisme d'enquête est donc un contre-pouvoir important. Il est le fruit d'un travail sur le terrain, mais aussi de confidences recueillies auprès d'individus qui estiment que la publication d'une information, jusque-là camouflée, est d'intérêt public. «Au Québec, écrivait en 2010 le journaliste de l'AFP Michel Viatteau, le journalisme d'investigation est extrêmement combatif dans un pays où le refus de faire des vagues semble un trait marquant du caractère national.» La menace d'une enquête policière comme celle qui a plané au-dessus de la communauté journalistique ces jours-ci n'est pas la première tentative de mettre des bâtons dans les roues des journalistes. Il faut dire qu'au cours des 10 dernières années, le travail des journalistes d'enquête a fortement ébranlé les colonnes du pouvoir. Les reportages sur le scandale des compteurs d'eau dans La Presse et The Gazette ou encore sur les liens entre Benoit Labonté et Tony Accurso dans RueFrontenac.com ont transformé le visage de la politique municipale à Montréal. Sur la scène provinciale, les nombreux reportages sur la collusion dans l'industrie de la construction ont mené entre autres à la mise sur pied de la commission d'enquête Charbonneau. Les scandales ne sont pas annoncés en conférence de presse, rappelle Chantal Francoeur, ex-journaliste à l'émission Enquête aujourd'hui professeure de journalisme à l'UQAM. Et il ne faut pas croire que l'utilisation de sources anonymes se fait automatiquement. Il y a des règles de déontologie et d'éthique à respecter avant d'accepter qu'une source conserve l'anonymat.» «Au Canada, les gens qui parlent aux journalistes pour dénoncer une situation, les «whistleblowers», ne bénéficient pas d'une grande protection, ajoute le journaliste de La Presse André Noël. Il ne faut pas oublier que les sources qui parlent aux journalistes le font non pas par intérêt personnel, mais bien par intérêt public. Ils rendent un service à la société.» source -> http://www.cyberpresse.ca/ |




