Par où, en généralisant, nous arrivons à cette conclusion inattendue: « la société perd la valeur des objets inutilement détruits, » — et à cet aphorisme qui fera dresser les cheveux sur la tête des protectionnistes: « Casser, briser, dissiper, ce n'est pas encourager le travail national, » ou plus brièvement: « destruction n'est pas profit. »
Que direz-vous, Moniteur industriel, que direz-vous, adeptes de ce bon M. de Saint-Chamans, qui a calculé avec tant de précision ce que l'industrie gagnerait à l'incendie de Paris, à raison des maisons qu'il faudrait reconstruire?
Je suis fâché de déranger ses ingénieux calculs, d'autant qu'il en a fait passer l'esprit dans notre législation. Mais je le prie de les recommencer, en faisant entrer en ligne de compte ce qu'on ne voit pas à côté de ce qu'on voit.
Il faut que le lecteur s'attache à bien constater qu'il n'y a pas seulement deux personnages, mais trois dans le petit drame que j'ai soumis à son attention. L'un, Jacques Bonhomme, représente le Consommateur, réduit par la destruction à une jouissance au lieu de deux. L'autre, sous la figure du Vitrier, nous montre le Producteur dont l'accident encourage l'industrie. Le troisième est le Cordonnier (ou tout autre industriel) dont le travail est découragé d'autant par la même cause. C'est ce troisième personnage qu'on tient toujours dans l'ombre et qui, personnifiant ce qu'on ne voit pas, est un élément nécessaire du problème. C'est lui qui bientôt nous enseignera qu'il n'est pas moins absurde de voir un profit dans une restriction, laquelle n'est après tout qu'une destruction partielle. — Aussi, allez au fond de tous les arguments qu'on fait valoir en sa faveur, vous n'y trouverez que la paraphrase de ce dicton vulgaire: « Que deviendraient les vitriers, si l'on ne cassait jamais de vitres? » [3]
source -> http://bastiat.org/
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source -> http://books.google.ca/
(Harmonie et perturbations sociales - esquisse des œuvres de F. Bastiat - livre gratuit)
Entretiens populaires sur l'économie politique - Par Jules Martinelli
La loi - Par Frédéric Bastiat
source -> http://fr.wikisource.org/ - Œuvres complètes de Frédéric Bastiat
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Les socialistes se figurent que le libéralisme est une idéologie. Elevés dans l’idéologie, ils ne peuvent concevoir qu’il existe d’autres formes d’activité intellectuelle.
Le libéralisme n’a jamais eu l’ambition de bâtir une société parfaite. Il se contente de comparer les diverses sociétés qui existent ou qui ont existé et de retenir les leçons à tirer de l’étude de celles qui fonctionnent ou ont fonctionné le moins mal.
D’après ses détracteurs, le libéralisme serait une théorie opposée au socialisme par ses thèses mais identique à lui par ses mécanismes.
Le libéralisme n’a jamais été une idéologie, j’entends n’est pas une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations, portant sur des faits qui se sont déjà produits. Les idées générales qui en découlent constituent non pas une doctrine globale et définitive, aspirant à devenir le moule de la totalité du réel, mais une série d’hypothèses interprétatives concernant des événements qui se sont effectivement déroulés. Adam Smith, en entreprenant d’écrire La Richesse des nations constate que certains pays sont plus riches que d’autres. Il s’efforce de repérer, dans leur économie, les traits et les méthodes qui peuvent expliquer cet enrichissement supérieur, pour tenter d’en extraire des indications recommandables.
[Par expérience, je sais que c’est là un point quasiment incompréhensible pour un socialiste : que les fondateurs du libéralisme se soient réellement efforcés de dégager les principes qui faisaient que ce qui marchait marchait. Un socialiste n’envisage cette attitude que comme un rusé camouflage pour habiller des conceptions pré-existentes à l’observation. Il refuse d’admettre que l’empirisme est bien à la base du libéralisme (comme le droit de common law, avec lequel il a d’étroits rapports).]
Il faut donc refuser l’affrontement entre socialisme et libéralisme comme étant l’affrontement de deux idéologies. (…) Le libéralisme n’est pas le socialisme à l’envers, n’est pas un totalitarisme idéologique régi par des lois intellectuelles identiques à celles qu’il critique. Cette méprise rend absurde le dialogue entre socialistes et libéraux.
Les socialistes contemporains, totalitaires « light », au moins dans leurs structures mentales et verbales, s’égarent donc lorsqu’ils imaginent que les libéraux projettent, comme eux-mêmes, d’élaborer une société parfaite et définitive, la meilleure possible, mais de signe opposé à la leur. Là gît le contresens du débat postcommuniste.
Décréter que le marché est en soi réactionnaire et la subvention en soi progressiste relève donc de la pensée non seulement simpliste, mais intéressée, celle des virtuoses du parasitisme de l’argent public.
L’économie de marché, fondée sur la liberté d’entreprendre et le capitalisme démocratique, un capitalisme privé, dissocié du pouvoir politique mais associé à l’état de droit, cette économie-là seule peut se réclamer du libéralisme. Et c’est celle qui est en train de se mettre en place dans le monde, souvent à l’insu même des hommes qui la consolident et l’élargissent chaque jour. Ce n’est pas que ce soit la meilleure ni la pire. C’est qu’il n’y en a pas d’autre – sinon dans l’imagination.
Marteler à tout instant des imprécations contre les « ravages du libéralisme », c’est une façon subreptice d’insinuer : « Voyez, le communisme ce n’était pas si mal que ça, mis à part quelques « déviations » contre nature ». Cependant, l’antilibéralisme a d’autres fonctions que la justification d’un passé injustifiable, des fonctions plus concrètes : conjurer deux peurs présentes en chacun de nous, la peur de la concurrence et la peur de la responsabilité. Ces sentiments ne sont pas seulement des appréhensions. Ce sont des craintes pour ainsi dire conquérantes. Elles ont en effet un volet positif : la protection contre les rivaux, assortie du concours d’aides officielles, garantissant des « avantages acquis » indépendants de toute rentabilité. Ce n’est pas le moindre de ces avantages bien ou mal acquis que d’appartenir à une économie qui se veut plus de la redistribution que de la production, et dont, par conséquent, la pression sur l’individu et ses capacités est réduite. D’où le confort de l’irresponsabilité qu’apporte l’appartenance à toute grande machine étatique ou para-étatique.
La longue tradition, échelonnée sur deux millénaires et demi, des œuvres des utopistes, étonnamment semblables, jusque dans les moindres détails, dans leurs prescriptions en vue de construire la Cité idéale, atteste une vérité : la tentation totalitaire, sous le masque du démon du Bien, est une constante de l’esprit humain. Elle y a toujours été et y sera toujours en conflit avec l’aspiration à la liberté
source -> http://ac.matra.free.fr/FB/JFRGP.htm
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La grande parade, 2000
Il n’y a plus aujourd’hui que diverses façons de pratiquer le capitalisme, avec plus ou moins de marché, de propriété privée, d’impôts et de redistribution. Aussi la correction des vices de fonctionnement du libéralisme ne saurait-elle venir que du libéralisme même.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 46
Le libéralisme n’a jamais été une idéologie, j’entends n’est pas une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations, portant sur des faits qui se sont déjà produits.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 63
Aucune des justifications avancées depuis 1917 en faveur du communisme réel n’a résisté à l’expérience ; aucun des objectifs qu’il se targuait d’atteindre n’a été atteint : ni la liberté, ni la prospérité, ni l’égalité, ni la paix. Si bien qu’il a disparu, sous le poids de ses propres vices plus que sous les coups de ses adversaires. Et pourtant, il n’a peut-être jamais été aussi farouchement protégé par autant de censeurs aussi dénués de scrupules que depuis son naufrage.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 87
(…) l’argument selon lequel le communisme serait démocratique parce qu’il a contribué à la lutte antifasciste n’est pas plus recevable que celui qui consisterait à dire que le nazisme fut démocratique parce qu’il a participé à la lutte contre le stalinisme.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 94
On nous dit que les communistes avaient un idéal. Je suis presque enclin à trouver cela encore pire. Parce que cela signifie qu’on a délibérément trompé des millions d’hommes. Parce qu’on ajoute ainsi aux crimes le mensonge le plus abject.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 108
source -> http://fr.wikiquote.org/wiki/Jean-François_Revel
« l'idéologie, c'est ce qui pense à votre place »
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La grande parade, 2000
Il n’y a plus aujourd’hui que diverses façons de pratiquer le capitalisme, avec plus ou moins de marché, de propriété privée, d’impôts et de redistribution. Aussi la correction des vices de fonctionnement du libéralisme ne saurait-elle venir que du libéralisme même.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 46
Le libéralisme n’a jamais été une idéologie, j’entends n’est pas une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations, portant sur des faits qui se sont déjà produits.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 63
Aucune des justifications avancées depuis 1917 en faveur du communisme réel n’a résisté à l’expérience ; aucun des objectifs qu’il se targuait d’atteindre n’a été atteint : ni la liberté, ni la prospérité, ni l’égalité, ni la paix. Si bien qu’il a disparu, sous le poids de ses propres vices plus que sous les coups de ses adversaires. Et pourtant, il n’a peut-être jamais été aussi farouchement protégé par autant de censeurs aussi dénués de scrupules que depuis son naufrage.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 87
(…) l’argument selon lequel le communisme serait démocratique parce qu’il a contribué à la lutte antifasciste n’est pas plus recevable que celui qui consisterait à dire que le nazisme fut démocratique parce qu’il a participé à la lutte contre le stalinisme.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 94
On nous dit que les communistes avaient un idéal. Je suis presque enclin à trouver cela encore pire. Parce que cela signifie qu’on a délibérément trompé des millions d’hommes. Parce qu’on ajoute ainsi aux crimes le mensonge le plus abject.
La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 108
source -> http://fr.wikiquote.org/wiki/Jean-François_Revel
« l'idéologie, c'est ce qui pense à votre place »
source -> http://www.google.ca/
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Les Illusions du protectionnisme et de l'autarcie
par Ludwig von Mises
Le Socialisme
par Ludwig von Mises
Foi païenne et communisme
par Rose Wilder Lane
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Les Illusions du protectionnisme et de l'autarcie
par Ludwig von Mises
Le Socialisme
par Ludwig von Mises
Foi païenne et communisme
par Rose Wilder Lane
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http://herve.dequengo.free.fr/Contenu.htm
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maj.: 20 octobre 2011
... avec les références à part de ça!)
SAUVONS NOTRE SYSTÈME D’ALIMENTATION PUBLIC
Dans un Québec devenu réellement solidaire, le gouvernement a nationalisé le système d’alimentation. Les fermes sont gérées par la Régie québécoise de la production alimentaire (la RQPA). Une autre société d’État, la Commission de l’autosuffisance alimentaire du Québec (la CAAQ), est responsable de l’importation de ce qu’on ne réussit pas à produire au Québec depuis la mise en place du Programme national de souveraineté alimentaire.
Enfin, la distribution des aliments se fait par l’entremise du Réseau de distribution alimentaire du Québec (le RDAQ), qui possède un Centre de distribution alimentaire (dans le langage familier, un «distral») dans chaque quartier et village depuis que les anciens supermarchés privés, jugés inefficaces et inéquitables, ont dû fermer leurs portes. Chaque famille a droit à une quantité illimitée de la plupart des produits de base, et doit payer une contribution minimale pour s’offrir certains des produits plus rares, en particulier des aliments importés.
Malheureusement, le système connaît depuis quelques années des ratés sévères. La production locale stagne et il faut importer de plus en plus d’aliments. Les budgets de l’État sont toutefois insuffisants pour suivre cette augmentation, surtout depuis que le dollar québécois a connu une dépréciation marqué. Dans les distrals, on manque de nombreux produits de base, et il faut parfois faire la queue et attendre plusieurs heures avant de pouvoir acheter de la viande ou des fruits.
De plus en plus de gens se plaignent de l’absence de flexibilité et de choix dans un système entièrement contrôlé par l’État. Depuis des années, on sent un mouvement en faveur de la mise en place d’un réseau de distribution parallèle privé de la nourriture, où ceux qui le souhaitent pourraient payer de leur poche des produits qu’ils ont de la difficulté à obtenir dans le réseau public. Selon certains groupes ultraradicaux, l’État n’aurait jamais dû nationaliser le système d’alimentation.
Dans l’autre camp, les partisans du système rappelle qu’il serait désastreux de retourner à l’ancien modèle basé sur le profit, à l’époque où les gens devaient payer pour se nourrir et où beaucoup s’endettaient ou, pire encore, ne mangeaient pas à leur faim. Pour la Coalition nationale Manger/Solidarité, la nourriture est un droit fondamental. Il suffirait selon elle que l’État augmente la surtaxe de solidarité sur les revenus des plus riches (que le parti de droite au pouvoir a réduite de 23 à 20% récemment pour tenter de mettre fin à l’exode des professionnels qui se disent surtaxés) et qu’il consacre ces fonds au système d’alimentation pour que la plupart des pénuries disparaissent.
Poussé par l’opinion publique à réformer le système, le gouvernement de droite a mis sur pied une commission présidée par l’ex-ministre Cédula Guanacosty et sur laquelle siège des membres de tous les partis, pour lui faire des recommandations. Ce rapport vient d’être rendu public. D’un côté, il recommande de hausser de nouveau la surtaxe pour injecter de l’argent neuf dans le système d’alimentation. De l’autre, il propose de permettre le développement de petits commerces privés où un certain nombre de produits alimentaires pourraient être distribués aux prix du marché, pour la petite minorité de gens qui ont les moyens de se le permettre. Il ne s’agit évidemment pas de laisser se développer de façon sauvage un réseau d’immenses supermarchés comme ceux qui existaient il y a plusieurs décennies, et il est clair que ces nouveaux commerces devraient se conformer aux normes du RDAQ, qui en superviserait les activités. Mais selon Mme Guanacosty et ses collègues (dont l’un a exprimé sa dissidence sur plusieurs points), cela permettrait au moins de réduire la pression sur les distrals.
Enfin, la commission recommande l’instauration d’une franchise, c’est-à-dire un montant de base que devraient payer les utilisateurs des distrals chaque fois qu’ils repartent avec une quantité minimale d’aliments. Cela permettrait d’ajouter des fonds additionnels au réseau, mais aussi de modérer la consommation d’aliments d’une partie de la population qui tend à manger plus qu’il n’est nécessaire.
Même si ces propositions ont été accueillies de façon très positive par le Regroupement des travailleurs autonomes (les 30% de travailleurs qui restent qui ne sont pas des employés de l’État), qui constitue un lobby féroce en faveur d’une plus grande diversité des modes de gestion au sein de l’économie solidaire nationale, le rapport a immédiatement été remisé par le gouvernement, parce qu’il les considère irréalistes. La ministre de l’Alimentation nationale s’est tout au plus dite ouverte à certains ajustements sur le plan de l’organisation interne du RDAQ qui permettrait d’accroître l’efficacité du réseau et d’éviter qu’autant de nourriture fraîche se perde avant d’atteindre les tablettes des distrals à cause des délais de transport et d’étiquetage.
Chose certaine, la Coalition nationale Manger/Solidarité a mobilisé tous ses membres et n’a pas l’intention de laisser le gouvernement détruire le système national d’alimentation solidaire. Lors d’une manifestation devant un hôtel de Montréal où la présidente de la commission expliquait son rapport à un auditoire du Regroupement des travailleurs autonomes, on pouvait entendre les militants scander des slogans hostiles à toute réforme qui remettrait en question le caractère public et universel du système. Selon eux, il serait particulièrement injuste d’introduire, comme le propose le rapport, une franchise aux utilisateurs des distrals. Cela signifierait qu’«on taxe la faim et ça n'a aucun bon sens», a résumé l’un d’entre eux.




