L'escouade anti-corruption des transports sera décimée




Publié par Charles Payette pour CogecoNouvelles le mercredi 14 septembre 2011 à 06h04. Modifié à 06h12.

L'escouade anti-corruption des transports sera décimée
Jacques Duchesneau/Archives/PC






(Cogeco Nouvelles) - Les trois quarts des enquêteurs et agents de renseignement de l'unité anticollusion de Jacques Duchesneau ne pourront être intégrés à l'Unité permanente anticorruption, malgré leur expertise.
Écoutez le reportage de Martin Leblanc de Cogeco Nouvelles

La Presse a appris que Québec invoque que ces ex-policiers, spécialistes du crime organisé, ne sont pas fonctionnaires.

La quinzaine d'enquêteurs de l'escouade Duchesneau, qui avaient fait carrière dans la GRC, le SPVM et la SQ, ont été avertis au mois d'avril qu'ils devaient passer un concours d'entrée dans la fonction publique pour poursuivre leur travail. Il a eu lieu le 27 août.

Or, selon les sources de La Presse, la majorité d'entre eux ont rejeté ce processus ou bien n'ont pas été admis au concours malgré eur expérience dans la lutte contre le crime organisé.

Cela signifie que plusieurs des enquêtes menées par l'unité de Jacques Duchesneau sont déjà en suspens ou sur le point de l'être.

source -> http://www.985fm.ca/politiques/nouvelles/l-escouade-anti-corruption-des-transports-sera-dec-96493.html
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selon M. Arcand, le crime organisé est mort de rire.
Des enquêteurs professionnels, volontaires ne peuvent être certifiés «parasites institutionnels» ... moi j'y vois une logique - probablement qu'il y aura une enquête quand même

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Metro






10 à 13 dossiers référés à l'Unité anticorruption


Lia Lévesque, La Presse Canadienne


15 septembre 2011 08:25



MONTRÉAL - De 10 à 13 dossiers contenant des informations plus précises ont été soumis à l'Unité permanente anticorruption, à la suite des informations colligées par l'équipe d'enquêteurs de Jacques Duchesneau.

Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a apporté cette précision, jeudi lors d'un point de presse à Montréal, avant de prendre la parole devant des membres du Conseil du patronat du Québec.

«À ma connaissance, il aurait, pour 10 ou 13 dossiers, transmis directement des informations plus pointues ou nominatives à l'Unité permanente anticorruption», a-t-il souligné.

Le rapport Duchesneau, du moins la version dont Radio-Canada et La Presse ont fait état, ne livre pas de noms d'entreprises ni de personnes. Il fait plutôt état de stratagèmes, tout en donnant des exemples. Ces 10 ou 13 dossiers contiendraient donc des informations plus précises, permettant d'aller plus loin.

«À partir de ce que monsieur Duchesneau a constaté, il va devoir y avoir enquête policière, collecte de preuves et, éventuellement, des accusations», a résumé M. Moreau.

Le ministre réagissait ainsi au rapport explosif de l'équipe d'enquêteurs de M. Duchesneau, de l'Unité anticollusion, qui a fait l'objet de fuites dans La Presse et à Radio-Canada.

Le rapport fait état d'un système organisé de collusion impliquant des firmes d'ingénieurs-conseils et des entreprises de construction, devant un ministère des Transports pas toujours aux aguets.

Par exemple: des «extras» sont ajoutés à un contrat et une somme supérieure à ce qui est requis est alors demandée au ministère des Transports, afin de garder le surplus d'argent pour payer les ouvriers au noir et contribuer à la caisse d'un parti politique. Autre exemple: des employés du ministère des Transports et des ingénieurs révéleraient des informations privilégiées à des entrepreneurs, leur permettant de préparer les meilleures soumissions lors d'appels d'offres.

Le ministre Moreau n'a pas voulu dire combien de poursuites seraient lancées. «L'Unité permanente anticorruption a une autonomie et une indépendance totale. C'est elle qui, à partir des faits qui lui sont rapportés, va décider combien il va y avoir d'enquêtes. Ce n'est pas au gouvernement à le faire», a-t-il précisé.

Il s'est borné à dire que s'il y avait des «bandits», des «criminels», ceux-ci seraient poursuivis.

Il a aussi déploré ces fuites et a refusé de rendre public ce rapport, affirmant que cela allait «nuire à l'enquête policière». Des gens pourraient commencer à se montrer «plus discrets», à «raccrocher le téléphone», selon lui, se sachant surveillés et voyant que les stratagèmes ont été révélés.

Le ministre des Transports a défendu les 6000 employés de son ministère, affirmant qu'il ne fallait pas juger l'ensemble pour quelques «pommes pourries».

«Les criminels, où qu'ils soient, ce ne sont pas des fonctionnaires, ce ne sont pas des péquistes, ce ne sont pas des libéraux, ce ne sont pas des gens, ce sont des criminels. Et ce sont ces gens-là, quel que soit leur travail, qu'ils soient à l'intérieur ou à l'extérieur des murs, qui doivent être mis hors de circulation», a-t-il commenté.

Après son point de presse, le ministre Moreau s'est adressé à des gens d'affaires, abordant d'emblée la controverse suscitée par ce rapport dévastateur. «Je n'aime pas ça recevoir ça», a-t-il admis.

Devant les gens d'affaires, il s'est aussi porté à la défense du système de financement des partis politiques. «Ce n'est pas une chose qui est laide en soi», a-t-il commenté, ajoutant que le financement des partis par des dons «participe à notre démocratie».

Visiblement mécontent de la fuite dans les médias qu'il doit gérer depuis mercredi soir, il a aussi parlé devant les gens d'affaires d'un «spectacle médiatique autour de ça».

Autres réactions

À son tour, le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, qui représente tant des compagnies de construction que des firmes de génie-conseil, a abordé la controverse devant ses membres et devant le ministre.

«Ce n'est pas facile non plus pour l'ensemble du monde corporatif. On a hâte que tout le ménage soit fait. Ça déteint sur tout le monde. On espère que les choses vont être nettoyées au plus vite», a opiné M. Dorval.

De son côté, le ministre des Finances Raymond Bachand, aussi responsable de la région de Montréal, a affirmé qu'il n'était pas surpris de l'ampleur du système dévoilé par le rapport Duchesneau. «Il n'y a plus grand-chose qui me surprend dans la nature humaine», a-t-il laissé tomber.

«Comme citoyen, je suis aussi impatient que vous. J'aimerais ça qu'ils soient mis en prison les bandits. Mais ça prend des preuves», a-t-il rappelé.