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Dans les Lumières écossaises (Scottish Enlightenment), les nus à la manière sensuelle et rococo de François Boucher étaient largement absents ou peu valorisés, dans un contexte philosophique et culturel très différent de celui de la France des Lumières.

Contexte : Boucher et la critique de Diderot

François Boucher (1703–1770) incarnait le rococo français avec ses nus féminins voluptueux, mythologiques et érotiques (Diane sortant du bain, etc.), souvent vus comme décoratifs, sensuels et frivoles. Diderot les critiquait dans ses Salons pour leur manque de vérité morale, leur artificialité, leur érotisme superficiel et leur éloignement de la nature et de la vertu — un art de cour qui flattait les sens plutôt que d’édifier l’esprit.

Les Lumières écossaises : un accent sur la vertu, la raison et l’amélioration

La Scottish Enlightenment (milieu XVIIIe siècle, figures comme Francis Hutcheson, David Hume, Adam Smith, Thomas Reid, Adam Ferguson, etc.) était plus philosophique, empiriste, morale et pratique que la version française, souvent plus littéraire et anticléricale. Elle mettait l’accent sur :

  • La vertu morale et le « sens moral » (moral sense theory de Hutcheson) ;
  • L’amélioration personnelle et sociale (improvement) ;
  • L’empirisme, la sociabilité et l’économie ;
  • Une relative modération par rapport aux excès sensuels.

Les arts visuels n’étaient pas au centre comme en France (pas d’équivalent direct à l’Académie royale ou au Salon). L’Écosse produisait surtout des portraits (Allan Ramsay, Henry Raeburn), des paysages et un art plus sobre, influencé par le néoclassicisme naissant ou le réalisme britannique. Les nus mythologiques ou érotiques à la Boucher y étaient rares ou inexistants dans la production locale majeure.

Vues sur l’art, la beauté et la sensualité

  • Esthétique et morale : Hutcheson liait étroitement beauté et vertu (An Inquiry into the Original of Our Ideas of Beauty and Virtue). La beauté était souvent « morale » ou liée à l’harmonie, l’utilité et la sociabilité, pas à la pure sensualité. Kames et d’autres développaient des théories esthétiques où le goût raffiné servait l’amélioration morale.
  • Hume : Il s’intéressait à l’esthétique (goût, sentiments) et discutait avec les Français (il fréquentait Diderot, d’Alembert, etc., à Paris), mais son approche empiriste et sceptique privilégiait la raison et les passions modérées plutôt que l’érotisme rococo. Il n’était pas un promoteur d’un art sensuel débridé.
  • Moralité et sociabilité : Les penseurs écossais (souvent liés à l’Église presbytérienne « modérée ») valorisaient la retenue, la vertu civique et la critique des excès. Un art trop sensuel ou « frivole » comme celui de Boucher aurait probablement été vu comme contraire à l’idéal d’amélioration et de moral sense, même si Hume était plus tolérant sur les plaisirs.

En résumé, contrairement à la France où le nu rococo était produit et débattu (même critiqué), les Lumières écossaises n’ont pas vraiment cultivé ce genre. Leur contribution portait sur la philosophie morale, l’économie et les sciences, avec un art plus portraitiste et sobre. Les nus sensuels y auraient été jugés à l’aune de critères moraux et rationnels plutôt que purement esthétiques ou érotiques — un contraste frappant avec le rococo français. Si des influences françaises existaient (via les échanges intellectuels), elles étaient filtrées par cet ethos vertueux et pragmatique écossais.

Grok

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Dans les autres mouvements des Lumières européennes, le nu (surtout le nu féminin sensuel à la Boucher) était généralement moins central ou traité différemment, avec un tournant vers le néoclassicisme qui privilégiait un nu idéalisé, moral et antique plutôt qu’érotique et rococo.

Aufklärung allemande

  • Le nu rococo/frivole était mal vu, comme en France par Diderot. L’Aufklärung insistait sur la raison, la vertu et l’éducation morale.
  • Johann Joachim Winckelmann (père de l’histoire de l’art néoclassique) joua un rôle clé : il exaltait le nu antique grec (surtout masculin) comme idéal de beauté, d’harmonie et de noblesse, lié à la liberté politique et physique des Grecs. Son regard était parfois teinté d’homoérotisme, mais dans un cadre esthétique et spirituel élevé, pas sensuel.
  • Le nu devenait un vecteur de beauté idéale et morale, pas de plaisir frivole. Cela influença le néoclassicisme européen (sculpture surtout).

Illuminismo italien

  • L’Italie avait une longue tradition de nu (Renaissance), mais au XVIIIe siècle, l’accent était sur les réformes pratiques. Le nu mythologique persistait, mais évoluait vers plus de retenue ou d’idéalisation classique.
  • Antonio Canova (fin XVIIIe-début XIXe, lié aux Lumières tardives et au néoclassicisme) en est l’exemple parfait : ses nus (comme Psyché ranimée par le baiser de l’Amour, Les Trois Grâces, Vénus) sont élégants, sensuels mais chastes et idéalisés, inspirés de l’Antiquité. Ils incarnent la beauté pure et l’émotion raffinée plutôt que l’érotisme rococo.

Ilustración espagnole

  • Contexte catholique plus strict : les collections royales (Habsbourg puis Bourbons) contenaient beaucoup de nus (Titien, Rubens), souvent cachés ou réservés à des cercles privés pour éviter le scandale moral.
  • Au XVIIIe, avec les réformes de Charles III, l’art tendait vers l’utilité et la moralité. Le nu sensuel n’était pas promu publiquement ; on préférait des thèmes édifiants ou néoclassiques. Goya, à la charnière, montre une évolution vers une critique sociale (même dans des nus comme La Maja desnuda, qui fit scandale).

Tendance générale : du rococo au néoclassicisme

  • Contre le rococo « frivole » (critiqué pour son sensualisme excessif), le néoclassicisme (inspiré par les fouilles d’Herculanum/Pompéi et Winckelmann) imposa un nu idéal, héroïque et vertueux : corps athlétiques, poses antiques, thèmes moraux ou mythologiques élevés (Jacques-Louis David en France, Canova, Thorvaldsen en sculpture).
  • Le nu masculin était souvent privilégié comme symbole de force et de raison ; le nu féminin restait présent mais plus « chaste » ou allégorique.

En résumé, alors que le nu de Boucher incarnait la sensualité de cour critiquée par Diderot, les autres Lumières (surtout via le néoclassicisme) le « moralisèrent » et l’idélisèrent en le reliant à l’Antiquité, à la vertu et à la raison. Il servait moins le plaisir des sens que l’élévation de l’esprit et l’idéal humain. Cela reflète les priorités locales : réforme morale et pratique plutôt que galanterie rococo.

Grok

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