Ludwig von Mises aurait très probablement condamné fermement ces aides financières.
Voici pourquoi, d’après ses écrits (notamment L’Action humaine, Le Socialisme et ses analyses de l’interventionnisme) :
1. Les subventions distordent le marché
Pour Mises, le système de prix libre est le seul mécanisme efficace pour allouer les ressources selon les préférences réelles des consommateurs. Quand l’État accorde des dizaines ou centaines de millions à quelques entreprises choisies (Ubisoft, Premier Tech, Prevost, etc.), il fausse les signaux du marché. Ces entreprises ne sont plus jugées uniquement sur leur capacité à satisfaire les consommateurs avec leurs propres moyens, mais sur leur capacité à obtenir des faveurs politiques.
2. C’est du privilégialisme (cronyism)
Mises distinguait clairement le capitalisme de libre concurrence du capitalisme de connivence. Accorder des aides publiques ciblées revient à créer des privilèges au profit de certaines entreprises (souvent de grandes ou bien connectées) aux dépens des contribuables et des concurrents qui ne reçoivent rien. Il y voyait une forme de favoritisme contraire au principe d’égalité devant la loi.
3. L’argent des impôts n’est pas « gratuit »
Mises insistait sur le fait que l’État n’a pas de ressources propres : tout ce qu’il donne, il le prend d’abord (par l’impôt, l’endettement ou l’inflation). Ces 268 M$ représentent donc un transfert forcé de ressources des citoyens et des entreprises non subventionnées vers les bénéficiaires. Selon lui, cela appauvrit la société dans son ensemble, même si cela enrichit momentanément les entreprises aidées.
4. L’interventionnisme est une pente glissante
Dans sa critique de l’interventionnisme, Mises expliquait que chaque mesure de ce type crée de nouvelles distorsions, qui appellent ensuite d’autres interventions pour « corriger » les effets indésirables. Ce type de « cadeaux » de fin de mandat (surtout juste avant des élections) illustrerait parfaitement, à ses yeux, la logique politique de l’interventionnisme : l’État utilise l’argent public pour s’acheter des appuis ou soutenir des « champions » nationaux/régionaux.
En résumé
Mises aurait considéré ces aides comme :
- une interférence injustifiée dans le processus de marché,
- une forme de redistribution privilégiée,
- une atteinte à la propriété des contribuables,
- et un symptôme typique de l’économie mixte interventionniste qu’il jugeait instable et inefficace à long terme.
Il aurait sans doute préféré un cadre où les entreprises prospèrent (ou échouent) uniquement grâce à leur capacité à servir les consommateurs, sans subventions sélectives.
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Margaret Thatcher aurait très probablement condamné ces aides financières, et de façon assez nette.
Voici ce qu’on peut en déduire à partir de ses positions et de sa pratique politique :
1. Opposition aux subventions sélectives
Thatcher était profondément hostile à l’idée que l’État « choisisse des gagnants ». Elle considérait que le gouvernement n’avait ni la compétence ni la légitimité pour décider quelles entreprises méritaient de recevoir l’argent des contribuables. Les subventions ciblées à quelques grandes entreprises (comme celles accordées ici à Premier Tech, Ubisoft ou Prevost) auraient à ses yeux relevé exactement de ce qu’elle combattait : le « picking winners » par les politiciens.
2. « Il n’y a pas d’argent public »
Elle rappelait régulièrement que l’argent de l’État n’existe pas : c’est toujours l’argent des contribuables. Distribuer 268 millions de dollars en « cadeaux » de dernière minute avant des élections aurait été, pour elle, une utilisation politique et improductive de ressources prélevées de force. Elle préférait que les entreprises se financent sur les marchés et réussissent (ou échouent) selon leur capacité à satisfaire les clients.
3. Son bilan concrète
Pendant ses onze années au pouvoir, Thatcher a massivement réduit les subventions industrielles, privatisé de nombreuses entreprises publiques et laissé fermer des secteurs jugés non viables (charbonnages, etc.). Elle acceptait le coût social à court terme au nom de la discipline de marché et de la compétitivité à long terme. Des aides discrétionnaires accordées en catimini juste avant une élection auraient été à l’opposé de cette approche.
4. Différence de ton avec Mises
Là où Mises raisonnait de façon plus purement théorique et philosophique, Thatcher était une politicienne pragmatique. Elle aurait probablement formulé sa critique de manière plus directe et politique : gaspillage de l’argent des contribuables, favoritisme, et encouragement à la dépendance des entreprises envers l’État plutôt qu’envers le marché.
En résumé : Thatcher aurait vu ces aides comme une forme d’interventionnisme coûteux, inefficace et politiquement motivé, contraire à la libre entreprise qu’elle défendait. Elle aurait préféré un cadre où les entreprises se développent sans subventions sélectives, sous la discipline de la concurrence.
Grok
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