Une foule en transe
Les disciples du Bal en Blanc, grand-messe de la musique house et électro, ont rendez-vous avec la lumière du jour, cet avant-midi, après 15 heures de danse en transe et de culte bruyant pour les DJ internationaux venus célébrer les 18 ans de l’événement.
Les tympans vibrants et les mollets esquintés, ils devaient être près de 15 000 à émerger du Palais des congrès sur le coup de midi, alors que prendra fin l’événement.
Malgré sa couleur homogène, difficile de coller un visage à cette foule éblouie par les rayons du soleil. Selon Paul Gilbert, l’un des organisateurs, elle est constituée autant de « tripeux d’électro » que de « monsieur et madame Tout-le-Monde, venus pour l’expérience et l’atmosphère exceptionnelles ».
Urbains et banlieusards, jeunes et moins jeunes se confondent dans ce tourbillon de blanc, soutient-il.
« Il faut vraiment le vivre pour comprendre ce que c’est. L’énergie des gens est incroyable, l’intensité est comparable à celle d’un show de hard rock », dit M. Gilbert, responsable de la fête depuis une dizaine d’années.
Réputation pas encore blanchie
L’événement, maintenant majeur, jouit d’une réputation beaucoup plus appréciable qu’à sa naissance, même si elle n’est pas encore tout à fait virginale.
« Il y a 10 ans, c’était plus proche des origines des raves », affirme M. Gilbert, en concédant que cette scène a longtemps été associée aux drogues chimiques.
« Mais si je compare avec aujourd’hui, et on le voit davantage le matin, les gens sont plus sains.
« Oui, c’est sûr qu’il y a des gens qui prennent de la drogue, mais on fait tout pour qu’il n’y en ait pas », assure-t-il. Tous les fêtards étaient d’ailleurs fouillés à l’entrée.
Une équipe de 200 agents de sécurité, supervisée par la police de Montréal, veillait au bon déroulement de la soirée.
L’an dernier, le Bal en Blanc avait été entaché d’une seule arrestation. Vingt-deux individus en possession de stupéfiants avaient été refoulés aux portes, sur une foule de 15 000 personnes.
Malgré tout, la perception « d’un party fou et débauché » colle à l’événement, déplore M. Gilbert.
Ampleur impressionnante
Une perception qui ternit l’éclat du rendez-vous annuel des amateurs d’électro.
Dans la salle secondaire, une scène créée en Angleterre a été présentée pour la première fois en Amérique du Nord, sorte d’immense cube multimédia plaqué d’écrans lumineux, avec le DJ en son cœur.
« En terme de production, c’est l’équivalent d’un spectacle de Madonna, soutient M. Gilbert.
« La population ne réalise pas qu’il s’agit d’un aussi gros événement technique, il n’y en a pas beaucoup de cette ampleur à Montréal. »
Pas facile avec la Ville
Même les autorités ne semblent pas le réaliser, estime M. Gilbert. Année après année, il se désole que les autorisations soient toujours aussi difficiles à arracher à la Ville.
« C’est toujours un combat, ce n’est jamais facile. Ç’aurait été le fun qu’au bout de 18 ans ce soit plus facile que ça », lance-t-il, en faisant valoir que l’événement est le plus gros du genre au Canada et l’un des plus importants en Amérique du Nord.
Il attire des participants de l’est du Québec et des États-Unis ainsi que de l’Ontario.
Le Bal en Blanc est pourtant l’exemple du succès d’un projet financé sans un sou du gouvernement, fait remarquer M. Gilbert.
« C’est important de le voir comme un succès majeur, ce n’est pas souvent montré comme ça, mais ça fonctionne ! », affirme-t-il.
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