Les fonctionnaires sont là pour faire fonctionner le gouvernement, justement. Ils sont protégés par une sécurité d'emploi en béton et des syndicats militants.
Ils n'ont rien vu ?
Et ils n'ont rien vu ? Rien remarqué d'anormal dans les opérations, les factures ? Rien trouvé d'inquiétant ou de suspect dans l'état des infrastructures ?
Ou alors, ils ont vu, mais se sont tus ? Ont pris leur trou ? N'ont pas fait de vagues ?
Benoît Aubin
source -> http://magazinenagg.blogspot.com/ - 24 septembre 2011
la trahison des clerc -> http://fr.canoe.ca/ (éditorial de M. Aubin)
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http://classiques.uqac.ca/classiques/benda_julien/trahison_des_clercs/benda_trahison_clercs.pdf
Cet ouvrage vise plus particulièrement les intellectuels qui prônent l'ordre, un état fort, le nationalisme, les traditions, ...
L'anti-élitisme de l'auteur invite à la méfiance face aux idéologies et aux idéologues qui ont dominé le XIXe et le XXe siècle.
wikipédia
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«Le ministère des transports s'est accommodé d'une situation qui a lentement dégénéré.
Il a consenti à confier les clés de la maison à un nombre restreint de firmes
et il n'est plus le seul maître des lieux»
Jacques Duchesneau
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hypothèse Aubin
C'est tentant de chercher un bouc émissaire pour les problèmes de la construction. Mais le coupable, c'est notre culture : mépris des lois, tolérance de la médiocrité, perte du sens des responsabilités individuelles...
Maintenant qu'il est majoritaire à Ottawa, le gouvernement conservateur revient à la charge avec des projets de loi que le Bloc québécois condamnait naguère comme «contraires aux valeurs québécoises».
Le projet de loi «omnibus», visant à «faciliter» le travail des policiers, ou la promesse de modifier le registre des armes à feu sont tout aussi contestables aujourd'hui qu'hier. Ils sont critiqués par des citoyens venant de divers horizons politiques et idéologiques.
Carcan identitaire
Mais le fait que le Bloc ne soit plus là pour attaquer le gouvernement Harper au nom des «valeurs des Québécois» est une bonne chose. Paradoxalement, l'absence d'une représentation «nationale» à Ottawa nous libère d'un carcan identitaire qui était, au mieux, réducteur, et au pire, démagogique.
Le Québec n'est pas très peuplé, mais il constitue une société tout aussi complexe que les plus grosses. De la droite Texas-style de Saint-Tite aux altermondialistes de Limoilou, des capitalistes de Saint-Lambert aux «Bougons» de Verdun, on trouve un aussi riche éventail de valeurs ici qu'ailleurs.
C'est un vieux truc des nationalistes de «nous» définir à notre place pour mieux nous opposer aux «autres».
Le Parti québécois tente de faire pareil en ce moment et de dépeindre la corruption comme un problème libéral.
Les libéraux sont au pouvoir depuis assez longtemps, ils en sont sûrement imputables. Mais, responsables, nous le sommes tous. Pas tant à cause de nos «valeurs» que de notre attitude, de notre culture de société.
Nous avons développé ici un mépris de la loi, et une complaisance face aux responsabilités individuelles qui n'ont d'égal que notre tolérance de la médiocrité et de «l'à-peu-près».
Le français est une langue précise et universelle. Nous le parlons mal «entre nous». 100 km/h veut dire «119 sur le cruise ». Un feu jaune : accélérer. Les élèves échouent à l'examen, mais graduentquand même. Des diplômes bidon ne servent qu'à gravir les échelles de salaires conventionnées. Et les ponts tombent...
Complaisance
Les ouvriers savent tous qu'il se «passe des affaires» sur les chantiers et dans les syndicats. Pas un mot. Aux transports, 5 600 fonctionnaires n'ont rien vu, ou rien dit. Les politiciens ne veulent pas savoir si leur financement est moral, pourvu qu'il soit légal. Nous vivons dans une société surtaxée qui n'en donne à personne pour son argent, une société plus intéressée à protéger ses acquis qu'à bâtir l'avenir : un milieu propice à ce type de cancer.
Ce n'est pas tant d'une commission d'enquête dont un certain Québec a besoin en ce moment, mais d'un miroir, pour mieux voir ce qu'il est devenu.
source -> http://www.canoe.com/
benoit.aubin@journalmtl.com

